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Source: Infocrèche magazine, Nr 56, Sept. 06
Article : " Futurs délinquants, nos enfants?" P20-24
FUTURS DELINQUANTS, NOS ENFANTS? (English translation -
click here)
S'il l'on en croit les chiffres et les spécialistes, il n' y aurait
pas plus d'enfants turbulents aujourd'hui qu'il y a quelques années.
Bonne nouvelle! On estime entre 2 et 3 % la proportion de tout-petits
atteints de troubles du comportement ( taux stable, mais non
négligeable pour autant ). Les apparences seraient finalement bien
trompeuses...Malgré tout, les pédiatres, pédopsychiatres et
psychologues n'ont pas fini de monter la garde. Eux savent que le
problème est plus que jamais d'actualité. En les voyant
réagir, Info ne pouvait rester inactif. Il fallait mener l'enquête.
LE FEU AUX POUDRES
Sans la mobilisation massive du collectif " Pas de 0 de conduite
pour les enfants de 3 ans !", le projet de loi sur la prévention de
la délinquance aurait sans doute été le support de bon nombre de
mesures incitant au dépistage très précoce des troubles du
comportement. Souvenez-vous, tout a commencé avec la sortie ( il y a
presque un an ) d'un rapport de l'Inserm sur les " Troubles des
conduites chez l'enfant et l'adolescent". Ses analyses et
conclusions " hautement simplificatrices" - à savoir que les enfants
turbulents seraient de futurs délinquants en puissance-avaient alors
défrayé la chronique. Les recommandations énoncées par ladite
expertise avaient aussi résonné comme un coup de canon aux oreilles
des professionnels de santé et de la petite enfance: " programme de
prévention contre la violence pendant la période périnatale et
préscolaire", " visites à domicile", " interventions dans les
familles à risque"...Telle une "médicalisation" des problèmes
sociaux, menaçant le respect du secret professionel mais également
de la vie privée! Alors, quand le gouvernement s'est appuyé sur de
telles données pour faire passer ses mesures
sécuritaires, les pros ont vu rouge!
Toute la pression du collectif et des 190 000 signatures d'une
pétition nationale ont été nécessaires pour que les responsables
politiques revoient leur copie. Mais pour l'heure, ce n'est qu'une
victoire mitigée, car les dispositions seront finalement rattachées
au projet de loi sur la protection de l'enfance. Notamment avec la
création d'une " chaîne continue pour le suivi de la santé des
enfants en intensifiant les interventions de la P.M.I."
DES PROS SOUS L'EAU
Baignés dans ce climat de suspicion, les parents se retrouvent,
malgré eux, sensibilisés au problème et finissent par se poser des
tas de questions. Imaginez votre réaction en apprenant les écarts de
conduite de Bébé à la crèche. Autrefois, un entretien avec la
directrice, le pédiatre... aurait suffi à vous convaincre que
Pitchoun traverse une étape normale de son développement. Par
exemple, la fameuse période du " Non" ( refus et donc conflits) qui
l'aide à se construire. Aujourd'hui, souvent affolés par la
médiatisation et la politisation du thème de la délinquance,
certains parents perdent pied. A la recherche d'un remède pour
canaliser la conduite de leur petit, les familles en demandent
davantage. Pour preuve: l'activité des services de psychiatrie pour
enfants, dont le nombre de consulations a doublé en quelques années.
Les professionnels de la santé n'ont pas le temps de chômer et
doivent répondre à la demande croissante de parents inquiets et las,
parfois, de batailler à longueur de journée pour se faire entendre.
Alors, bien sûr, en cas de doute sérieux, mieux vaut consulter le
plus tôt possible pour ne pas passer à côté d'un vrai problème. Et
si nombre de parents assument sans complexe le " trop plein
d'énergie" de leur progéniture, simplement plus turbulente que ses
copains de crèche, d'autres, au contraire, ont affaire à de
véritables hyperactifs. Sachez que par leur comportement, les
enfants cherchent bien souvent à délivrer un message. Oui, certains
souffrent d'hyperactivité, mais ce n'est heureusement pas le cas de
tous les petits " énervés".
L'AVENIR DEVANT EUX
Quoi qu'il en soit, rien n'est joué d'avance. Il faut continuer
d'affirmer haut et fort que les bébés ne sont pas génétiquement
programmés pour se transformer en affreux brigands! A cet âge, les
enfants sont encore en plein devenir.Leur personnalité ne cesse de
se construire au fil de leurs aventures, de leurs découvertes...ils
ont encore tout le temps de changer et donc d'évoluer.Donc, pas
question de classer les gamins turbulents dans la catégorie des
futurs délinquants et de les ficher. Les enfermer dans un carcan
dont ils auraient bien du mal à se défaire, c'est prendre le risque
de voir justement se produire ce que l'on cherche tant à éviter.
Alors attention aux brimades pour échapper aux bêtises. Il faut
avant tout- et surtout!-montrer aux tout-petits le
chemin à suivre et les règles à respecter. N'oublions pas non plus
qu'il existe déjà, en France, des structures et des professionnels
capables d'accompagner nos bout'choux et de répondre à leurs "
débordements". Et qu'il serait sans doute plus judicieux de leur
donner davantage de moyens que d'utiliser notre énergie à ficher les
bébés!
END OF FRENCH VERSION.
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ENGLISH TRANSLATION:
ARE OUR CHILDREN FUTURE DELINQUENTS?
If we believe the statistics and the specialists, there are no more
boisterous children nowadays than a few years ago. Good news!
We estimate that only 2 to 3 % of very small children have behavior
problems ( if this rate is stable, it has never the less to be taken
into consideration .) Appearances would be very deceptive...However,
pediatricians, child psychiatrists and psychologists are still very
much on their guard. They know the problem has never been so
serious. When we saw their reactions, Info had to investigate.
WHAT SPARKED THINGS OFF
Without the massive mobilization by the organization " Pas de 0 de
conduit pour les enfants de 3 ans !" ( Translator's note: " Don't
stigmatize our 3 years old ! "), the legal project focusing on the
prevention of delinquency would have lead to measures encouraging
the very early screening of behavior problems. Remember, everything
started ( nearly a year ago) with a report by the Inserm (
Translator's note: Inserm = Institut national de la santé et de la
recherche médicale. National health and medical research institute.)
about : " Children and teens behavior problems". Its analysis and
conclusions " simplifying to the extreme"-that is that boisterous
children would become future delinquents-had been the talk of the
town. This report's recommendations had caused an outcry within the
medical professionals and workers dealing with young children:
"prevention program against violence during the period just after
birth and before school", "visits at home", "interventions in
families viewed as a risk"...This " treatment" of social problems
were threatening confidential information as well as people's
privacy! So, when the government based itself on such a report to
vote security measures, the professionals saw red!
The pressure the organization and the 190 000 signatures of a
national petition put the government under was necessary so that
politicians thought over the problem again. However, today, it's a
mixed victory because the measures will finally be closely linked
with the law which protects childhood. " A chain to check up on the
children's health by intensifying the P.M.I interventions" will be
created. ( Translator's note: P.M.I= Petite Maternité Infantile.
It's a free public service parents from all backgrounds can come to
along with their children to see a pediatrician.)
PROFESSIONALS OUT OF THEIR DEPTH
As they are living in this climate of suspicion, parents cannot help
feeling concerned and asking themselves lots of questions. Imagine
your reaction as you hear about your baby's bad behavior at the
kindergarten. Before, a meeting with the Head of the kindergarten
and the pediatrician would have been enough to convince you your
child was going through a normal stage of
his development. Let's take for example the famous " no" phase (
your child refuses to obey and therefore conflicts arise) that helps
the child to grow. Today, often panicked by the importance the media
and politicians give to delinquency, some parents feel totally lost.
As they are looking for a way of improving their child's behavior,
the families expect more. FACT: the number of times children
go to see a child psychiatrist has doubled in a few years. Doctors
are overworked and must deal with worried and sometimes exhausted
parents who must battle every day to make themselves heard. So, of
course, if there's a serious doubt, it's better to see a child
psychiatrist as soon as possible in order not to neglect a real
problem. If many parents accept without worrying the fact that their
offspring have " too much energy" and that their kids are just more
boisterous than their kindergarten
friends, others must deal with hyperactive children. You should be
aware that your child's behavior is often sending a message. Yes,
some kids are hyperactive but it's fortunately not the case for all
the " overexcited little kids".
A FUTURE AHEAD OF THEM
Anyway, nothing is planned in advance. We must keep on claiming out
loud that babies are not genetically programmed to become horrid
bandits! At that stage, they're still growing. Their personality
continues to develop thanks to what they discover...They still have
plenty time to change and to evolve. Therefore, classifying
boisterous kids as future delinquents and to put them on file is
completely out of order. Locking them up in a system they could not
escape is taking the risk of seeing happening exactly what we are
dreading. So , children are allowed to get away with being naughty.
We most of all must show the little ones the rules they must
respect. Let's not forget they're only children! And let's also
remember there are already, in France, structures and professionals
capable of helping our kids and seeing their needs. Providing those
workers with more ways of helping would certainly be wiser than
wasting our energy putting the babies on file!
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